Interview Lalala

En détournant les classiques de la chanson française avec les armes du rock et du cabaret, le quintet montpellierain réalise le casse du siècle contre les convenances du genre. Un spectacle loufoque a ouïr et à rire sans modération sur scène, ou dans leur premier album éponyme sorti dans les bacs en juin.
Interview Lalala
Interview Lalala Faire un album de reprises des chansons mythiques de l'entre-deux et de l'after-deux serait après tout une idée resucée. L'écueil de de la « staracadémysation », à base de grosse voix sans âme à la canadienne ou de la « bruélisation », respectant les canons du style jusqu'à la mièvrerie, pointait. Rien de tout cela pourtant à l'écoute du tout nouveau disque des Lalala qui arrive à métamorphoser les meilleures productions de monstres sacrés comme Boris Vian ( Ha si j'avais un franc cinquante), Serge Gainsbourg (Cha Cha Cha Le Loup) ou Bourvil (Les Crayons) jusqu'à en faire de nouvelles créations sonores. Certes ces cinq faussaires sont irrespectueux envers leur glorieux bisaïeuls, mais ils sont bougrement talentueux. Même en retournant, secouant et concassant les morceaux originels, ils en gardent la substantifique moelle, c'est à dire les mélodies imparables et les paroles aux thèmes universels. En y rajoutant des rythmes endiablés venus de leur tempérament d'ancien punk, des arrangements classieux et des sons délirants tirés d'instruments insolites (Casou, Youkoulele, contrebassine...), Charly Charley, Raoul Poinbar et Bassin'Bass (leur nom de scène !) donnent une nouvelle jeunesse à ces bijoux antiques que l'on fredonne toujours sous la douche. Mais Lalala, c'est avant tout un spectacle à part entière, fait d'historiettes à voir pour se dérider les zygomatiques. Chaque musicien costumé y incarne un personnage facétieux, où seule la dérision et l'humour dictent leur loi. Dans l'excellent clip fourni sur le CD de l'album, on retrouve ces héros de cartoon déjantés et on se prend au jeu de leur mésaventure grâce à la trépidance de la musique. Attention les VRP sont ressuscités et ils sont montpelliérains !

INTERVIEW LALALA

Coca'Zine Vous utilisez beaucoup les choeurs dans vos morceaux. C'est ça la particularité des reprises à la sauce Lalala ?

Alfred Boga : Même s'il y a un chanteur lead, on tourne au chant sur scène pour donner beaucoup de mouvement au spectacle. Les changements permanents d'instruments, de voix et les commentaires dynamisent le show. Sur le disque on a exagéré le côté choeur pour recréer l'ambiance de la scène et pour faire visualiser les sketches à l'auditeur. Il y a un côté jeux dans le groupe, le morceau étant un prétexte à jouer une interprétation d'un personnage.

Coca'Zine Justement y a -t- il une difficulté à retranscrire un show costumé sur CD ?

Bassin'Bass : Nous avons du insérer beaucoup d'arrangements pour recréer la couleur de la scène. Par exemple les grimaces de Charly son recréer par des instruments, des sons bizarres pour faire passer une image visuelle par une image sonore. Mais on a mis du temps à assumer le fait de faire un disque à partir du spectacle. On s'en est sorti en allant dans un bon studio à Bordeaux (Le Chalet), après une tentative infructueuse à Montpellier. Là-bas dans un mas reculé, on était en immersion totale dans le projet. On a recrée une ambiance festive tout en étant très studieux et on trouvait des arrangements originaux jusqu'à table avec une fourchette et deux verres.

Coca'Zine Vous avez fait un clip étonnant. Parlez-nous de cette superproduction hollywoodienne.

Charly Charley : C'est vrai qu'on a pas regarder à la dépense. Ca nous a coûté bonbon, mais on s'est fait plaisir ! (rire). Non sérieusement, notre but était d'éviter la sophistication et de faire parler les idées. On a eu la chance d'avoir un super réalisateur. Dans un grenier, on a entièrement reconstruit un cabaret, puis benjamin Géronimi, grâce à un travail image par image et trois semaines de montage a fait du bon boulot, à la Michel Gondri. L'accueil des professionnels et des pôtes a été excellent et il nous tarde de le montrer au public.

Coca'Zine Pourquoi ne faire que des reprises de monstres sacrés. Il n'y a pas d'auteurs contemporains qui vous branchent? Il 'y a pas d'auteurs chez Lalala ?

Raoul Poinbar : Ecrire des chansons, ce n'est pas le concept du groupe. Le but c'est de faire redécouvrir autrement des morceaux d'auteurs oubliés mais qui sonnent encore bien. L'idée conductrice c'est de trouver de vieux morceaux avec des textes actuels et des bonnes mélodies. On a remarqué que la plupart des morceaux intemporels, tant dans leur thème que dans leur musique, c'était les plus grands auteurs qui les avaient composé. Néanmoins, on est pas dans la retranscription fidèle et on pas voulu tomber dans le musée.

Coca'Zine Est-ce que le fait d'être costumé permet de plus se lâcher sur scène ?

Jimmy Jazz : Oui, le fait d'être dans la peau d'un personnage costumé permet d'aller plus loin dans le jeu. On est là pour faire un maximum de visuels et de bonnes chansons. Et si le côté costumé est un danger dans le sens qu'on pourrait tomber dans le ska-festif potache à la sauce Marcel & Son Orchestre ou dans la reprise plonplon à la Patrick Sébastien, notre côté punk à la VRP nous permet d'éviter ces écueils. On ne se sent pas non plus comme un groupe de chanson, mais plus de rock qui aurait fusionner avec le cirque. Notre culture rock se retrouve dans la vitesse des morceaux, exécutés à 100 à l'heure et dans la présence scénique, puisqu'on saute partout.

Coca'Zine Ne craignez-vous pas le syndrome de la bruel-mania, avec des kids qui vont arracher vos costumes sur scène?

Charly Charley : Tu peux faire ce que tu veux, mais tu touches pas à mes docks en daim bleu...

Interview Laboo pour www.cocazine.com