Hip-hop à contre-courant

Beat Assailant n’est pas un rappeur comme les autres. Loin des clichés, cet Américain qui a fait de la France son terrain de jeu musical favori est avenant et disponible. Talentueux et audacieux, il apporte sa pierre à l’édifice avec un second album, Imperial Pressure. Rencontre et interview, en français dans le texte, s’il vous plaît… A voir au Médiator le 17 mai à Perpignan en compagnie de Missil et Dj Netik

Hip-hop à contre-courant

Le public français a adopté ton premier album, Hard Twelve, grâce à une compilation de Radio Nova, en 2005. As-tu été surpris par cette rapide adhésion ?


J’ai conçu cet album en France. à l’époque, je vivais entre Paris et les USA. Hard Twelve a été réalisé avec la « french touch », le groupe qui m’accompagne est français. Je comprends qu’il ait plu.


Ta carrière a démarré à Paris ?


Oui et non. Un premier single était déjà sorti aux USA, avec un succès relatif. J’ai passé ensuite des vacances à Paris, et j’ai beau-coup aimé. Alors, je suis resté. Je n’avais pas tellement de relations dans le monde de la musique en arrivant. Mais je passais mon temps à sortir alors j’ai fait des rencontres. Le monde de la musique est petit ! J’ai d’abord croisé Max (ndlr : Lebidois aka Danny Wild, producteur). J’ai signé avec lui, et on m’a présenté des musiciens. Depuis, je tourne toujours avec la même équipe, les mêmes musiciens depuis 3 ans, sur les deux albums et sur scène.


 


Finalement, Beat Assailant, artiste ou groupe ?


Les deux ! Beat Assailant, c’est mon nom d’artiste, mon surnom depuis mes 14 ans. Et en même temps, je ne tourne qu’avec mon « band ». Sur le second album, ils sont présents sur tous les morceaux.


Qui a apporté cette touche jazz qui rend ton hip-hop si différent, toi ou tes musiciens ?


Encore les deux ! J’aime la musique, j’en écoute beaucoup, dans tous les styles, et le jazz fait partie de mes influences. Mais c’est la rencontre avec mes musiciens, qui viennent du jazz, qui a été déterminante.


En quoi la réalisation de ce second album a-t-elle été différente du premier ?


La pression ! Le premier album n’était pas attendu. Je n’étais pas connu. J’ai pu travailler en toute liberté, développer toutes les idées que j’avais accumulées depuis plusieurs années. Désormais, je suis attendu au tournant. Avec le business, tout le monde donne son avis. Mais je pense que l’album est vraiment un instantané de ce que nous sommes, le groupe et moi, en ce moment. Je suis très fier de Imperial Pressure, et très fier du groupe.


Tes prestations scéniques ont confirmé l’engouement du public pour toi. Comment l’expliques-tu ?


On est 10 sur scène, il y a beau-coup d’énergie, un très bon feeling. On sert un super mix, un super son, c’est un vrai spectacle. C’est la partie la plus fun, il y a un véritable échange entre nous et le public, et je crois que tout le monde le ressent.


Justement, pour Imperial Pressure, on retrouve ce son plus authentique et plus brut du live.


Oui, c’est ce qui est intéressant avec cet album. Nous l’avons d’abord enregistré une première fois. Après écoute, on n’était pas emballés à 100 %. Faut dire qu’à l’époque, on était entre deux concerts. Alors, sans changer les morceaux, on a décidé de les réenregistrer pour obtenir un son plus vintage, plus « Motown », plus 70’s. On a donc tout rejoué et tout enregistré en une seule prise, dans les conditions d’un concert.


Tu ne corresponds pas tellement à l’image qu’on a des rappeurs américains, un peu « gangsta », un peu « bling bling »…


Je suis avant tout un artiste et un musicien. Dans mes textes, je raconte mes petites histoires quotidiennes. Je pense que les gens adhèrent d’autant plus, qu’ils peuvent mieux se les approprier. Aux USA, je suis considéré comme un artiste underground, je ne rencontre pas un succès commercial, même si le single Hard Twelve a bien marché.


Quels sont tes projets ?


On va partir en tournée. Cela amènera probablement de nouvelles idées qui nourriront notre troisième album. On compo-sera alors sûrement de nouveaux morceaux dans la foulée. C’est ce qui s’est passé pour Imperial Pressure, c’est comme ça que je fonctionne.